Je suis à la recherche d'un sac.
D'un commun accord, on dira que je suis
toujours à la recherche d'un sac. Un sac, c'est comme un parfum, on passe son temps à chercher le bon.
Notez que j'aurais pu utiliser la comparaison avec la quête du mec dit "idéal", mais ça aurait été un peu trop
Sex and the City, même pour moi.
Je suis assez spécifique dans ma demande. Je veux un sac qui serve de complément à mon cartable. Il doit donc se porter à l'épaule afin d'arriver plus haut que ledit cartable, assez grand pour accueillir trousse, livres et cahiers excédentaires. Il doit donc également être solide. Pas trop clinquant, ni trop fantaisiste. Et vert. J'accepte le marron. Mais je le voudrais surtout vert. Vert anis. Vert pomme. Vert pistache. Vert amande. Bref, vert clair. Et en nappage, il faudrait qu'il ne soit pas excessivement cher, genre pas bien plus loin de 50 €. Et je prévois large.
Eh bien vous savez quoi ? Ce n'est pas si évident à trouver.
D'une, parce que le vert, ce n'est pas du tout à la mode. Impossible d'ailleurs de trouver un vernis à ongle mat d'un joli vert. Même vert moche en fait !
De deux, parce qu'un sac dans les environs de 50€, c'est juste une blague à Paris. Tu veux payer moins, c'est forcément dans les dépots ventes, les boutiques du métro et chez H&M. Et sinon gratte-toi bien fort.
Pour dire la vérité vraie, j'en ai vu un chez Accessorize qui remplit mes critères. Certes, il est grand ; certes, il se porte à l'épaule ; certes, il est vert ; certes, il est en dessous de 50€. Certes. Mais ce n'est pas le grand amour. A peine, une idylle de vacances. On verra au moment des soldes.
Bref. Je faisais part à ma Maman de mes déboires ès recherches de sacs, quand elle me mentionne une nouvelle boutique qui doit justement ouvrir aujourd'hui.
UNIQLO. Elle se fout un peu de ma tronche parce que je n'ai jamais entendu parler de cette enseigne. Ma Maman est supra in. Il faut le savoir. Elle sait beaucoup mais pratique finalement assez peu.
Donc, UNIQLO. On décide alors avec ma soeur de faire une virée de ce côté-là. Qui sait ? Ils ont peut-être mon sac idéal !
Une demie heure plus tard. Le temps nécessaire à ma soeur pour dessiner deux traits d'eye liner noir au-dessus de ses yeux et de sauter dans les pompes de mon autre soeur. Et nous partons.
Et nous arrivons. Et là, ma mâchoire se déboîte.
Les files d'attente, je connais. J'ai même pratiqué. Pour entrer dans les conventions ou une salle de concert. Pour faire une attraction au parc Euro Disney. Pour payer les cadeaux de noël à la fnac ou le renouvellement de garde de robe en période de soldes. Pour acheter le coupon de carte orange en début de mois ou des macarons chez Ladurée. Les files d'attente, j'en ai vu et j'en ai fait. Mais des files d'attente pour entrer dans un magasin de fringues qui s'étirent sur plusieurs mètres gênant jusqu'à la circulation sur le trottoir. Non, jamais.
Une heure pour entrer. Puis une heure pour payer. Est-ce qu'il y a que moi que ça choque ? Comment se fait-il que ces gens acceptent de se mettre en ligne ainsi pour s'acheter une chemise, un pantalon ou une paire de godasses. Ce serait les soldes. Une ligne de vêtements exclusive conçue exceptionnellement par un grand créateur. Je pourrais comprendre. Mais là, c'était juste l'ouverture du magasin. Il sera là dans une semaine, un mois, voire un an. Un peu de perspective, les gens ! J'aime bien dépenser mon argent, m'offrir du futile et du pas sérieux. Je suis une brave enfant de la société de consommation. Mais y a quand même des limites au consumérisme. Non ?
Juste avant ça, avec ma frangine, nous sommes passées devant un grand hôtel très étoilé, devant lequel se massaient bien des gens et surtout des photographes. Visiblement, y avait un défilé d'organisé et mannequins et invités regagnaient leurs pénates. Ma soeur a voulu rester un instant pour voir qui allait en sortir, mais je l'ai chopée par le bras et l'ai entraînée loin de ce cirque. Sauf qu'à un moment, je me suis retrouvée juste à côté d'un mannequin. Et juste devant un photographe qui mitraillait sans vergogne et sans honte. Il va rigoler le type ce soir en regardant ses photos : moi et le mannequin côte à côte. Surtout que je levais la tête vers elle, impressionnée par sa taille. Pendant quelques secondes, j'ai bien cru que j'avais perdu quinze centimètres. Flippant.